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    cheval

    Au Royaume du Maroc, sous le règne des différentes dynasties des Idrissides, Almohades, Mérinides et Alaouites, le cheval a été la monture des Sultans et des agents de l’autorité centrale qui sillonnaient les différentes provinces du Royaume, apportant instructions et directives.

    De nos jours, Sa Majesté le Roi Mohammed VI perpétue la tradition de ses illustres ancêtres et reçoit à dos de cheval les dignitaires du pays, venus des quatre coins du Royaume,  lors de la cérémonie d’allégeance et des fêtes religieuses de l'Aïd el Adha et de l'Aïd El Fitr. L’an 2000 a été marqué par la création, au sein de la Gendarmerie Royale, du Groupe des Escadrons à Cheval. Doté de chevaux arabes barbes, il a pour objectif d’assurer des missions de sauvetage, de maintien de l’ordre et de la protection de l’environnement et des sites sensibles.

    Les missions de sauvetage

    Le Maroc qui est un pays à vocation touristique ne cesse de diversifier son produit pour répondre au besoin de certains de ses visiteurs avides de sports de montagnes et d'escalades. Souvent pratiqués dans des zones dont l’accès n’est toujours pas aisé par des moyens de sauvetage usuels, ces sports exigent une intervention de la gendarmerie, qui peut alors utiliser le cheval pour rechercher des personnes égarées, rapprocher les secouristes des blessés éventuels ou pour effectuer une évacuation sanitaire. Ceci est valable pour les plages, les forêts et autres lieux de villégiature très fréquentés pendant la période estivale.

    Le rétablissement d’ordre

    Lors des émeutes, des grèves ou des rassemblements de foules, des actes de vandalisme peuvent survenir, mettant en danger des personnes et leurs biens. Des cavaliers bien entraînés peuvent intervenir pour dissuader les malfaiteurs et les poursuivre dans les agglomérations et les ruelles où les véhicules n’auront pas l’accès.

    En outre, en cas d’évasion à partir d’un établissement pénitenciaire, les évadés peuvent être recherchés, de jour comme de nuit, dans des zones inaccessibles. Dans ce volet sécuritaire, il importe de rappeler l’importance de la collecte des renseignements et l’aisance avec laquelle des informations vitales dans les domaines judiciaire, économique et social peuvent être obtenues.

    Protection des sites stratégiques

    Des sites stratégiques, tels que les barrages, aéroports, ponts, antennes de transmission, radars, tours de contrôle, sont autant de cibles pour des actes malveillants. Ces sites sont habituellement situés sur de vastes étendues difficilement accessibles pour les véhicules usuels.

    Protection de l’environnement

    A l’instar des autres pays, le Maroc a pris conscience des exigences de l’environnement et du devoir de tout citoyen de le préserver. Des réserves naturelles, des ceintures vertes, des parcs sont créés pour lutter contre la détérioration de l’environnement et la disparition des espèces animales ou végétales en danger. Le Groupe des Escadrons à Cheval de la Gendarmerie Royale constitue une pièce maîtresse pour concrétiser les efforts fournis dans ce sens d’une manière très écologique.

    En l’an 2002, des Hautes Instructions ont été données pour assurer une présence effective du Groupe des Escadrons à cheval de la Gendarmerie Royale dans le domaine des sports équestres au sein de la FRMSE (Fédération Royale Marocaine des Sports Equestres) et une participation aux différentes activités hippiques organisées sous son égide.

    Conclusion

    Aujourd’hui, la Gendarmerie Royale a fait preuve de singularité en parvenant à conjuguer les exigences de la modernité avec les richesses de la tradition, ceci en rendant hommage au cheval. Par ailleurs, le gendarme à cheval a suscité la curiosité et l’admiration de tous les citoyens surtout les plus jeunes.

     

    Source : La revue de la Gendarmerie Royale, N°3, Octobre 2003


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    ERGM

    " Il n’est de richesse que d’hommes " Cette maxime, bien que vieille de plus de trois siècles constitue en fait, un leitmotiv, une ligne de conduite pérenne pour la Gendarmerie Royale dans sa politique de formation de ses hommes.

    Aussi, depuis sa création au lendemain de l’indépendance, n’a-t-elle cessé d’investir dans l’Homme, dont elle a fait sa valeur la plus sûre.

    Cette mission, très lourde à assumer, mais combien noble dans sa portée, est confiée à l’Ecole Royale de Gendarmerie Marrakech.

    Institution rattachée directement, dans la hiérarchie de l’Arme, au Commandant de la Gendarmerie Royale, elle est actuellement installée, et ce depuis 1967, à Marrakech, après avoir été successivement basée à Sefrou et à Meknes.

    Durant son existence, cette institution n’a pas cessé d’évoluer : elle a connu plusieurs réajustements, extensions et créations.

    Pour mieux rapprocher le lecteur de l’Ecole Royale de Gendarmerie Marrakech, il sera examiné successivement la formation des officiers, puis celle des sous-officiers et ce, à travers les quatre grandes composantes de cette institution, à savoir :

    • le commandement de l’Ecole Royale de Gendarmerie Marrakech
    • la formation des officiers de Gendarmerie
    • la formation des sous-officiers
    • le centre d’instruction de Benguérir et le centre de perfectionnement.

    Le commandement de l’Ecole Royale de Gendarmerie Marrakech

    L’E.R.G.M. est commandée par un officier supérieur de Gendarmerie ayant les attributions de chef de corps, nommé par décision du Chef d’Etat-Major Général des Forces Armées Royales, et dont l’autorité s’exerce sur l’ensemble du personnel.

    Le directeur de l’E.R.G.M. dispose de services administratifs et techniques chargés de la logistique, de la conception des programmes d’instruction et de leur bonne application.

    La formation des officiers

    L’Ecole supérieure d’application des officiers (E.S.A.) Haut lieu de la coopération afroafricaine, et ayant formé jusqu’à 130 officiers de Gendarmerie de onze pays frères et amis, cette institution a vu le jour dès 1974.

    Après plus de 25 ans d’existence, l’E.S.A. est en passe de devenir le dépositaire d'un véritable savoir-faire en matière d’enseignement et de formation au sein de la Gendarmerie Royale.

    Faisant appel à la fois à la culture d’éminents professeurs universitaires et aux connaissances théoriques et pratiques, ainsi qu'à l’expérience, d’officiers de l’Arme, cette école s’est fixé comme objectif majeur de doter, au terme de sa formation - qui dure une année scolaire - l’officier d’un savoir-faire à même de le rendre parfaitement à l’aise dans ses responsabilités futures.

    Formation des officiers issus des rangs

    Ce stage s’inscrit dans le cadre de la formation continue des officiers de l’Arme et vise les objectifs suivants :

    • amélioration de leur niveau de culture générale
    • acquisition de nouvelles connaissances afférentes aux changements et mutations que connaît la société, qu’ils soient d’ordre technique ou aient trait à l’environnement ou au respect des droits de l’Homme.
    • revalorisation de l’officier nouvellement promu, visant une mise à niveau avec les officiers issus de l’Académie Royale Militaire.

    La formation des sous-officiers

    Constituée exclusivement d’officiers et de sous-officiers, la Gendarmerie Royale accorde une attention toute particulière à la formation de cette dernière catégorie de son personnel. De la formation initiale au B.S.G., en passant par le diplôme d’O.P.J., la réussite de la carrière du sous-officier est conditionnée par une série de stages auxquels le gendarme, le Mdlchef ou l’adjudant doit satisfaire.

    Le recrutement

    Considérant la multiplicité et la complexité des missions dévolues au gendarme, le recrutement de ce dernier se trouve normalement soumis à des critères très stricts de niveau d’instruction, de moralité et de santé physique.

    Jeunes Marocains, bacheliers au minimum (toutes options confondues), les candidats sont tout d’abord soumis à une sélection sur dossier avant de passer un concours d’entrée. Après leur admission, les élèves gendarmes doivent s’engager à servir dans la Gendarmerie Royale pendant huit ans à compter de la date de leur nomination en qualité de gendarme.

    Ce contrat peut être résilié par décision du commandant de la Gendarmerie Royale pour cas d’indiscipline ou pour tout acte que le commandant de la Gendarmerie Royale estimera préjudiciable au renom de l’Arme.

    Organisation des études

    Le cycle d’étude de l’élève gendarme est étalé sur deux ans, la première année étant essentiellement consacrée à la formation militaire, qui se déroule au C.I.G.R. de Benguérir, et la deuxième à la formation professionnelle, qui se déroule à l’E.F.Q.G.R., à Marrakech. Ce qui nous amène à faire connaissance avec ces deux établissements :

    Le centre d’instruction de Benguérir (C.I.G.R.) : créé initialement à Fès (Sefrou) en  1958, il a été transféré à  Meknes pour s’installer enfin à Marrakech, en 1967. Sa vocation principale est actuellement la formation professionnelle des élèves gendarmes. Pour ce faire, il ne cesse de faire appel aux moyens pédagogiques les plus efficients et les plus adaptés à notre réalité marocaine. Ne parle-t-on pas de la "ruralité" de la Gendarmerie ?

    Cette constance du service de la Gendarmerie, conjuguée - comme précisé plus haut - avec la grande diversité des domaines de son intervention, imposent inévitablement aux tenants de la destinée de cette institution de revoir sans cesse aussi bien la méthodologie de travail adoptée que les matières enseignées. L’objectif final étant la préparation et la formation des gendarmes, agents de la force publique et agents de la police judiciaire pouvant exercer dès leur sortie de cette école.

    Ainsi, les programmes des retenus embrassent des domaines de connaissance aussi larges que diversifiés allant de l’enseignement des langues à la protection de l’environnement, en passant par les droits de l’Homme ou du droit humanitaire international.

    Le Centre de perfectionnement : L’inconstance de notre époque et la rapidité de remise en cause des valeurs d’une génération à une autre nous amènent à accorder une attention toute particulière à la formation continue de notre personnel. Ainsi, le cadre sousofficier se voit suivi et pris en charge pour son recyclage et pour son perfectionnement tout au long de sa carrière. C’est la mission assignée au Centre de Perfectionnement de la Gendarmerie (C.P.).

    Créé en 1975, le C.P. organise les cours par correspondance au profit des gradés et gendarmes, candidats au diplôme d’Officier de Police Judiciaire (O.P.J.) ou au Brevet Supérieur de la Gendarmerie Royale (B.S.G.), ce qui leur permet d’accéder au grade supérieur ou de commander une brigade.

    Après une année de cours par correspondance, le candidat sélectionné suite à un test conséquent suit une formation de quinze semaines.

    Les cours ont pour but essentiel :

    • d’améliorer la culture générale des gradés et gendarmes
    • de parfaire leurs connaissances techniques en matière de police judiciaire, administrative, scientifique et technique
    • de valoriser leurs compétences au commandement d’une brigade.

    Le Centre organise, par ailleurs, des stages pour la formation de spécialistes dans diverses techniques (balistique, graphologie et autres techniques d’identification.)

    Enfin, il est intéressant de signaler la mise en service, en 1999, d’une école d’intervention professionnelle (E.I.P.), une unité pédagogique par excellence, dont le rôle est d’optimiser la formation en mettant les élèves gendarmes et les stagiaires en situation concrète, très proche de la réalité du terrain.

    Cette structure est appelée à devenir, dans un avenir très proche, un centre pour techniciens en identification criminelle, dont la mission première est de pourvoir les brigades en "spécialistes" de scènes de crime.

    Conclusion

    Consciente d’être impliquée au premier chef au niveau de l’efficacité de l’Arme, l’E.R.G.M. s’efforce de maintenir très haut le prestige de la Gendarmerie Royale en fournissant aux unités un personnel qualifié à même de remplir les nombreuses missions qui lui incombent, fidèle à notre devise sacrée : Dieu - Patrie - Roi.

     

    Source : La revue de la Gendarmerie Royale, N°3, Octobre 2003


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  • L'acte social puise son essence dans l'apaisement de la souffrance, de quelque nature qu'elle soit, engendrée par les différentes épreuves que peut endurer une personne durant son existence. Dans ce cadre, et par des efforts soutenus, le Service social de la Gendarmerie consent au devoir d’une assistance multiformes aux familles de l’Arme affectées par une circonstance douloureuse.

    La perte d'un être cher constitue l'une des épreuves les plus douloureuses qu'une personne peut être amenée à surmonter, en s'armant d'endurance morale et de force psychologique. Le soutien des proches s'avère, à cet égard, primordial.

    Aussi, l'intervention du Service Social dans de telles circonstances est-elle aussi utile que nécessaire, car la disparition du militaire, en tant que chef de famille, a inéluctablement des incidences négatives  sur l'équilibre psychologique, social et économique du foyer. Le cours de la vie des ayants cause du défunt se trouve ainsi complètement dévié. La situation est d'autant plus délicate quand il s'agit d'orphelins en bas âge et d’une épouse au foyer. Du jour au lendemain, celle-ci se retrouve seule, désemparée, désorientée, parfois dépourvue de ressources, responsable de la destinée et de l'éducation de ses enfants mineurs. Par souci d'atténuer les difficultés vécues par les familles atteintes par l'adversité et d'alléger leur souffrance, le Service Social leur apporte une assistance multiforme.

    Assistance lors du 1er jour du décès :

    Dès que le décès d'un militaire de l'Arme est connu, l'assistante sociale ou, à défaut, le correspondant social, se substitue à la famille du défunt pour l'accomplissement des formalités administratives afférentes à l'enterrement. Le transfert de la dépouille mortelle du lieu du décès au lieu d'inhumation est assuré par les fourgons mortuaires dont dispose le Service Social de la Gendarmerie Royale. Le voeu des proches du défunt est exaucé, autant que faire ce peut, quant au choix du lieu d'enterrement. Par compassion et dans le souci d’offrir un réconfort moral, une commission est désignée au sein de l'unité d'origine du décédé afin d'assister à l'inhumation, de présenter les condoléances de l'Arme et, par la même occasion, de remettre aux ayants droit l'allocation décès accordée par la Fraternelle de la Gendarmerie Royale, d'un montant de 15.000,00 Dh. Des denrées alimentaires, comprenant des produits habituellement utilisés dans de telles circonstances (viande, couscous, sucre, huile, café, thé, miel, beurre), sont également octroyées à la famille. Ces prestations représentent une aide immédiate et propice aux familles endeuillées qui se trouvent subitement privées de soutien matériel.

    Assistance pour la liquidation des droits :

    Pendant les premiers jours qui suivent le décès, l'action prioritaire du Service Social est de faire en sorte que les ayants droit (parents pour les militaires célibataires, épouse et enfants pour les mariés) puissent constituer les dossiers relatifs aux droits auxquels ils peuvent prétendre le plus rapidement possible et, par là même, de garantir leur liquidation dans les plus brefs délais.

    Allocation décès :

    Outre l'allocation décès consentie par la Fraternelle, les ayants droit bénéficient de deux autres allocations décès accordées par la Direction Générale des Services Sociaux et la Mutuelle des Forces Armées Royales, d'un montant respectif de 4.000,00 Dh et 3.000,00 Dh.

    L'attribution de ces différentes allocations a pour intérêt majeur de permettre aux bénéficiaires, non seulement de couvrir les dépenses occasionnées par les funérailles, mais aussi de faire face aux besoins pressants pendant les jours qui suivent le décès.

    Capital décès :

    Quels que soient l'origine, le moment et le lieu de décès, la législation prévoit le versement aux ayants droit des militaires décédés, au même titre que tous les fonctionnaires de l'Etat, d'un capital décès. Il est calculé sur la

    base de la rémunération à laquelle le défunt aurait pu prétendre s'il avait été en activité le jour du décès. Le montant de ce capital correspond au salaire annuel brut, auquel s'ajoute une majoration de 750,00 Dh pour chaque enfant.

    En cas d'inexistence de conjoint ou d'enfants, le capital décès est alloué au père et à la mère du défunt.

    Assurance :

    La garantie Assurance couvre le décès de l’assuré, quelle qu'en soit la cause. Lorsque celui-ci n'a pas désigné de bénéficiaires de son vivant, les prescriptions de la NDS en vigueur sont appliquées : le capital assuré est alors payé automatiquement aux ayants droit qui sont l'épouse, les enfants légitimes du cujus ou, à défaut, ses ascendants.

    La répartition de cette prime d'assurance, qui varie entre 75.000,00 Dhs et 1.000.000,00 Dhs selon la catégorie de l'assuré, s'effectue de la manière suivante :

    • le conjoint a droit à 50% du montant du capital. Au cas où le défunt laisse plusieurs veuves, ce montant est divisé à part égale entre celles-ci.
    • Les enfants du défunt bénéficient des 50% restants, somme divisée entre eux à parts égales et versée à leur tutrice (mère) pour les enfants mineurs.

    En l'absence d’ayants-cause, ce sont les parents du défunt qui jouissent de ce numéraire.

    Par contre, si le défunt avait désigné le ou les bénéficiaires sur l'imprimé instauré à cet effet, le capital assuré est versé intégralement à la ou les personnes indiquées.

    Il n'est pas rare qu'à cet égard, le Service Social intervienne pour dénouer certaines situations conflictuelles dues au fait que l'assuré, de son vivant, avait omis, suite au changement de sa situation matrimoniale, d’apporter des modifications relatives aux bénéficiaires sur l'imprimé en question. Dans certains cas, c'est l'un des frères, le père ou parfois la mère qui y sont mentionnés, alors que le défunt a laissé une veuve et des enfants en bas âge.

    Le Service Social apporte par ailleurs sa contribution pour amener les veuves (tutrices de mineurs) ayant bénéficié du capital sus-mentionné à l'investir à bon escient, généralement par l'acquisition d'un logement familial.

    Pension :

    La pension consiste en une allocation versée régulièrement aux ayants droit des militaires décédés.

    Lorsqu'il s'agit d'un militaire célibataire, les ascendants ont droit à la pension d'invalidité, à condition que le décès soit imputable au service. Si cette condition n'est pas remplie, ils ne perçoivent aucune pension.

    Dans le cas où le défunt était marié, la veuve et les orphelins bénéficient, en sus de la pension d'invalidité, de la pension militaire de réversion de retraite quand la condition d'imputabilité au service est requise. Cette pension équivaut à celle à laquelle aurait pu prétendre le défunt, compte tenu des années de service accomplies.

    Il appartient également au Service Social de l'Arme d'assurer le suivi de ces différents dossiers pour éviter qu'ils n'accusent des retards engendrés essentiellement par des rejets pour défaut de pièces ou pour toute autre anomalie administrative. Ceux-ci freinent indéniablement leur aboutissement dans les délais escomptés. Lorsqu'une anomalie de ce genre est décelée, la famille du défunt ou l'administration concernée sont avisées sur le champ afin d’y remédier.

    Outre les actions évoquées précédemment, le Service Social propose une panoplie de prestations en faveur des veuves et des orphelins de l'Arme, visant à les aider à aplanir les difficultés d'ordre administratif, familial, social ou médico-social auxquelles ils se heurtent.

    Le manque de moyens pécuniaires, la cherté de la vie font que la plupart des veuves se trouvent contraintes, après le décès de leurs époux, de rechercher un l'emploi. Dans ce cadre, le Service Social et la Fraternelle de la

    Gendarmerie Royale ont toujours accordé la priorité à cette catégorie de personnes, quand leur profil le permet, pour occuper des postes vacants en leur sein. Certaines exercent, actuellement, dans les jardins d'enfants de l'Arme, des pressings, au centre commercial de Rabat, au L.R.A.M.… De même, nombreux sont les orphelins qui ont été recrutés en tant qu'élèves gendarmes sur proposition du Service Social, compte tenu de la précarité de leur situation sociale.

    La scolarisation des orphelins constitue également l'un des volets qui suscite un intérêt particulier de la part du Service Social. Il peut s'agir, en l'occurrence, de répondre aux demandes de changement d'établissement scolaire, de bourse, de chambre en cité universitaire, etc. En cas d’échec scolaire, les intéressés ne sont pas livrés à eux-mêmes : ils sont guidés et orientés afin d’intégrer des centres de formation professionnelle. Pour leur détente, la priorité leur est accordée pour leur permettre de participer aux colonies de vacances pendant l'été.

    Le champ d'action à l'adresse des ayants droit des militaires décédés n'est évidemment pas restrictif, le Service Social étant tenu de leur apporter toute l'aide nécessaire, et de tout ordre.

    Conscient de l'ampleur de la douleur et du désarroi que ne manque de provoquer, pour sa famille, la disparition subite du militaire suite à un décès, le Service Social ne ménage aucun effort pour l’aider à franchir ce cap difficile. Son action se concrétise, non seulement par son soutien moral, mais aussi par une assistance pour faire valoir les droits des descendants et ascendants.

    En somme il vise, par son intervention, à tenter de combler le vide inhérent à l'absence momentanée (maladie, mission, etc.) ou définitive du chef de famille. Cela n'a-t-il pas toujours été sa vocation première ?

     

    Source : La revue de la Gendarmerie Royale, N°2, Juillet 2003


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  • Il était une fois la Gendarmerie Royale marocaine
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  • L’intérêt majeur accordé par la communauté internationale aux problèmes de l’environnement place celui-ci au centre des débats sur la politique et les stratégies de développement. En 1987, la Commission de Brundtland avait recommandé l’intégration de l’environnement dans les processus de développement, lançant ainsi le nouveau concept de développement durable. Cette notion fut aussi à l’ordre du jour du Sommet de la terre organisé à Rio en 1992, où le Maroc était représenté par S.M. le Roi Mohammed VI, que Dieu le Glorifie, alors qu’Il était Prince Héritier.

    La relation organique entre l’environnement et le développement étant indissoluble, les participants, au plus haut niveau, ont fini par la consacrer dans le souci d’une meilleure garantie de la continuité de la croissance économique et du développement. Ainsi le Maroc fût-il l’un des premiers pays à souscrire aux trois conventions cadres issues de Rio ( changement climatique,  désertification et diversité biologique).

    Cependant, ces mesures, si généreuses soient-elles, n’en continuent pas moins depuis leur adoption de se heurter, d’une part, à l’industrialisation effrénée des grandes puissances et, d’autre part, au développement socio-économique soutenu et souvent désordonné de beaucoup d’autres nations. Cette situation n’est pas sans favoriser l’émergence de modèles de production et de modes de consommation peu soucieux de la protection de l’environnement.

    Dans ces conditions, on est en droit de se demander quel est l’état de l’environnement dans notre pays et quelles seraient également les actions entreprises au niveau national susceptibles de contribuer à ce qui est qualifié d’ores et déjà de combat pour la survie de notre planète ?

    Au même titre que la majorité des pays du monde, le Maroc subit le contrecoup du dérèglement du climat planétaire. Il souffre de sécheresses cycliques et d’inondations et commence, sous l’effet de son urbanisation accélérée, à connaître des problèmes de pollution nécessitant la gestion des déchets solides et des rejets liquides. Le Maroc, qui a déjà mené plusieurs actions d’envergure en faveur de la protection du patrimoine environnemental, persévère dans ce sens. L’objectif étant de trouver des solutions immédiates et concrètes à même de faire face aux différentes menaces pesant sur l’environnement.

    ETAT DE L’ENVIRONNEMENT AU MAROC

    L’environnement au Maroc est soumis à de très fortes pressions dues, notamment, à  la croissance démographique, à l’urbanisation et aux besoins générés par le développement économique. Ces pressions -si elles perdurent-, conjuguées aux aléas climatiques, finiront par causer la dégradation du milieu naturel et porter  atteinte à la santé et au bien-être des populations.  Les coûts de la dégradation de l’environnement ont été estimés, en 1995, à près de 20 milliards de DH/an, soit 8,2 % du PIB. Ces chiffres concernent notamment les surcoûts de traitement de l’eau potable et des soins médicaux. Cette situation n’est pas sans présenter un risque pouvant compromettre le développement.

    Pollution atmosphérique

    Au Maroc, les émissions de gaz à effet de serre (GES) et l’utilisation des substances qui appauvrissent la couche d’ozone ne contribuent que peu aux pressions exercées sur l’environnement. En revanche, la pollution locale constitue le principal problème atmosphérique qui touche les grandes agglomérations et les zones industrialisées. Les émissions de GES sont dues, pour 56%, au secteur de l’énergie. La pollution de l’atmosphère causée par l’industrie est particulièrement concentrée dans l’axe Mohammedia-Safi. Ses incidences sur l’économie du pays sont de l’ordre de 1,9% du PIB en 1992.

    Pollution de l’eau

    Les ressources en eau subissent une dégradation due au déversement des rejets industriels et domestiques sans traitement préalable, à l’utilisation intensive de pesticides et d’engrais et aux décharges publiques. En outre, ces ressources connaissent une raréfaction accrue en raison d’une pluviométrie fluctuante et d’une gestion peu rationnelle du potentiel hydrique (perte de 35% de l’eau potable dans les réseaux de distribution, perte de plus de 50 millions de m3 de la capacité de stockage des barrages par l’envasement des retenues, etc.)

    Détérioration de l’état des sols

    Sur 22,7 millions ha de terres, 36% seulement seraient cultivables (dont 18% nécessitent des mesures sévères de conservation du sol), 59% ne devraient être mis en valeur que par le pâturage et la forêt alors que 5% de la superficie globale doivent être exclus de toute mise en valeur agricole.

    En raison de pratiques culturales non appropriées, la superficie des terres potentiellement menacées par l'excès de salinité est estimée à 500.000 ha. En outre, plus de 37.000 ha de terres irriguées sont déjà sérieusement touchées par ce phénomène. L’urbanisation, quand elle est incontrôlée, engendre également la disparition des terres agricoles à la périphérie des agglomérations.

    Erosion et ensablement

    L’érosion hydrique entraîne la perte en fertilité et en couche arable de près de 20.000 hectares par an. Plus de

    onze millions d’hectares dans vingt deux bassins versants en amont des barrages présentent des risques importants d’érosion. Dans les régions arides et semi-arides, le vent est un important agent de désertification et de déplacement des dunes. Les pertes dues à l’ensablement dans les oasis présahariennes ont atteint 115 hectares

    entre 1960 et 1986. Par ailleurs, 5.500 hectares sont actuellement envahis par le sable dans la région de Tafilalet

    (10% de la superficie totale).

    Déforestation

    La forêt est soumise à différentes formes de dégradations qui se traduisent par un recul, d’environ 31.000 hectares par an, du patrimoine forestier. Les pressions qui pèsent sur les écosystèmes forestiers sont multiples.

    Les principales d’entre elles sont : l’augmentation de la demande en produits ligneux due à la croissance démographique, l’exploitation du

    bois pour le feu (estimée à 3 fois la capacité de renouvellement), le défrichement au profit de l’agriculture, le surpâturage en forêt, les incendies et l’extension des villes au détriment du domaine forestier.

    Régression de la biodiversité

    La flore marocaine comporte environ 7.000 espèces inventoriées, dont 1.350 endémiques. La faune est également très diversifiée avec plus de 24.000 espèces. Cette biodiversité est cependant menacée par la surexploitation des ressources, la déforestation, l’urbanisation et la perte des zones humides ainsi que la pollution. Plusieurs espèces de faune et de flore sont menacées de disparition parmi lesquelles 1.670 espèces de flore et 610 espèces de faune comportant 85 espèces de poissons marins et 98 espèces d'oiseaux.

    L’ACTION ENVIRONNEMENTALE AU MAROC

    Le renforcement du cadre institutionnel

    Depuis 1972, des progrès considérables ont été enregistrés dans le sens de la consolidation du cadre institutionnel en matière de gestion environnementale. Ces progrès se sont matérialisés par l’institution d’un département ministériel à part entière, jouant le rôle de catalyseur de l’action publique dans ce domaine, et la création du Conseil National de l'Environnement. En complément à l’action gouvernementale, la Fondation Mohammed VI pour l’Environnement a été également instituée pour mieux fédérer et coordonner les efforts de toutes tendances visant la préservation de l’environnement et des ressources naturelles.

    Le regroupement de l’eau, de l’environnement et de l’aménagement du territoire au sein d’un seul et même ministère annonce une nouvelle approche tendant à appréhender l’environnement sous un angle nouveau. Désormais l’environnement est considéré comme un tout indissociable et non comme un ensemble de segments disparates répartis entre plusieurs départements spécialisés. La prise en compte de la dimension eau, une matière vitale particulièrement visée par la pollution, est un élément nouveau dans la perception des politiques environnementales.

    Parallèlement à ces mesures, des structures d’observation, des outils d’analyse et des mesures d’accompagnement pour la bonne gestion de l’environnement sont mises progressivement en place. On peut citer à titre d’exemple :

    l’Observatoire National de l’Environnement du Maroc (ONEM), le Laboratoire National de l’Environnement (LNE), le Système d'Information et de Données sur l'Environnement (SIDE), les différents réseaux de surveillance de la qualité de l’eau et de l’air, etc.

    La mise à niveau du cadre juridique

    L’une des priorités de l’action nationale en faveur de l’environnement a été la refonte, l’actualisation et le renforcement du cadre juridique pour le rendre plus efficient. Ces actions visent, notamment, la couverture des volets non encore régis par le droit marocain et l’introduction de mesures d’accompagnement pour une meilleure applicabilité des textes législatifs et réglementaires. Durant les dix dernières années, une quarantaine de lois, décrets et arrêtés portant sur différents domaines de protection de l’environnement et de développement durable ont été promulgués ou sont en cours d’adoption :

    • La loi sur l’eau : promulguée en 1995, elle a pour objectif la mise en place d’une politique nationale de l’eau, basée sur une vision prospective qui tient compte de l’évolution des ressources et des besoins nationaux en la matière. Elle vise la rationalisation de son utilisation, la généralisation de l’accès à cette ressource, la solidarité inter-régionale et la réduction des disparités entre les villes et les campagnes en vue d’assurer la sécurité hydraulique sur l’ensemble du territoire national. Cette loi prévoit également des outils institutionnels pour la gestion de l’eau, notamment le Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat et les Agences de bassins.
    • Trois grands textes de loi visant la protection de l’environnement ont été adoptés en janvier 2003. Il s’agit de :
      • la loi relative à la protection et la mise en valeur de l’environnement qui définit le cadre légal de la stratégie nationale de protection de l’environnement et qui tend également à rendre plus cohérent, sur le plan juridique, l’ensemble des textes relatifs à cette question ;
      • la loi relative à la lutte contre la pollution qui établit les normes de la qualité de l’air, celles d’émission des particules, des vapeurs et des gaz ainsi que les mesures de contrôle pour prévenir, éliminer ou réduire le dégagement de polluants provenant de sources fixes ou mobiles,
      • la loi relative aux études d’impact sur l’environnement qui institue l’obligation de l’évaluation préalable des retombées des grands projets et travaux d’aménagement et de construction sur l’environnement.
    • Le projet de loi sur les déchets solides et leur élimination : en cours d’élaboration, ce projet comble le vide juridique dans le domaine des déchets ménagers, industriels et médicaux dangereux. Il prévoit également l’obligation de réduction des déchets à la source, l’utilisation des matières premières biodégradables et la prise en charge des produits nocifs durant toute la chaîne de production et d’utilisation ainsi que l’obligation pour les collectivités locales d’aménager des décharges contrôlées sur leur territoire.

    La dynamisation de la politique de partenariat

    Implication de la société civile

    L’émergence d’une société civile consciente de son rôle et déterminée à le jouer pleinement est l’un des plus grands acquis de la politique d’ouverture pratiquée au Maroc. Près de 400 ONG et institutions non étatiques s’activant dans le domaine de la protection de l’environnement et du développement durable sont recensées à travers le Royaume. Leur réussite dans la mise en œuvre d’approches novatrices de développement de proximité a fait de ces institutions des acteurs fondamentaux de la stratégie visant l’essor économique et social du pays.

    Sensibilisation et éducation des populations

    Pour accompagner cette dynamique et lui assurer les conditions optimales de réussite, une stratégie basée sur l’information, la communication et l’éducation a été mise en place. Ainsi, des campagnes de sensibilisation ponctuelles et thématiques, des programmes de formation et d’éducation, des guides et des manuels de vulgarisation, entre autres, ont été utilisés pour favoriser l’adhésion de toutes les composantes de la société à l’action de protection de l’environnement.

    Structures para-étatiques

    Fonds Hassan II pour le développement économique et social, Fondation Mohammed V pour la solidarité, Fondation Mohammed VI pour l’environnement, Agence de développement des provinces du Nord, Agence de développement des provinces du Sud, sont, entre autres, autant de structures caritatives et d’institutions para-étatiques créées.

    Disposant de moyens importants de financement et de procédures de gestion plus souples, ces structures ont donné une nouvelle impulsion aux projets de développement socioéconomique et de lutte contre la pauvreté à caractère local, souvent à l’origine de la destruction des ressources naturelles.

    Partenariat avec le secteur privé

    Ce partenariat s’est concrétisé par la réalisation d'audits environnementaux de certaines unités industrielles implantées sur l'axe Casablanca- Mohammedia, avec leur concours. Le débat fort utile qui s'est instauré après cette initiative a permis d'arrêter les lignes directrices d'un programme d'action en vue de maîtriser et réduire les sources de pollution identifiées.

    Création du Fonds de Dépollution Industrielle (FODEP)

    Instrument incitatif destiné à encourager les opérateurs économiques à investir dans les projets à caractère environnemental, le FODEP a, dans une première phase, octroyé à 16 bénéficiaires des aides allant jusqu’à

    40% de l’investissement nécessaire à la réalisation de leur projet de dépollution. La deuxième phase sera plus accessible aux PME/PMI et au secteur artisanal et enfin, la troisième verra une implication plus importante du secteur bancaire dans le système d’aide à la dépollution.

    Collectivités locales

    La volonté d'établir un partenariat avec les principaux acteurs s'est aussi manifestée auprès des collectivités locales. Les projets "villes propres", "plages propres" et "Agendas 21 locaux" mis en place en partenariat avec ces collectivités sont des exemples concrets d'actions de préservation du cadre de vie, menées en étroite collaboration avec ces entités dont les prérogatives en matière de protection de l'environnement et d'aménagement du territoire sont importantes.

    L’intensification de la lutte contre les nuisances

    Amélioration de la gestion des ressources en eau

    La demande croissante en eau a été, jusqu’ici, satisfaite par la mobilisation continue de nouvelles ressources grâce à la construction de grands barrages- réservoirs et à l’exploitation intensive des aquifères superficiels.

    Des actions ont été entreprises pour mieux gérer la ressource hydrique et assurer sa répartition équitable par, entre autres, l’épuration des eaux usées pour leur réutilisation en agriculture, la gestion déléguée du secteur de l’assainissement, la réhabilitation des réseaux d’eau potable et d’irrigation, l’exploitation collective des points d’eau potable par les populations rurales, la lutte contre l’envasement des barrages et la prévention des pollutions accidentelles des cours d’eau.

    Lutte contre la pollution de l’air

    Suite à la mise en évidence de la relation entre la pollution et les maladies respiratoires grâce à une étude épidémiologique réalisée récemment à Casablanca, le Maroc n’a pas manqué d’entreprendre une action intégrée, mettant en oeuvre des moyens réglementaires, techniques et financiers. Cette initiative qui vise à réduire la pollution atmosphérique concerne également l’optimisation du rendement des matières premières, l’économie d’énergie et l’augmentation de la productivité. Cette action englobe entre autres la mise en place de programmes de surveillance de la qualité de l’air, l’encouragement à l’utilisation de carburants propres, à l’amélioration de la circulation et à l’utilisation des énergies renouvelables (solaire, éolienne, hydraulique, biomasse).

    Conservation des ressources en terres

    Les sols marocains sont généralement fragiles, à l’exception de ceux des grandes plaines alluviales. Les ressources en sols subissent une pression excessive de la part d’une population sans cesse croissante. Le nombre d’hectares de surface agricole utile (SAU) par habitant n’a cessé de diminuer depuis les années soixante. Il est actuellement de 0.35 hectares par habitant et ne serait que de 0.224 en l’an 2020 du fait de la perte annuelle de 65.000 ha de parcours, de 31.000 ha de forêts et de 3.000 à 5.000 ha de terres destinées à l’urbanisation. Face à cette situation, des efforts constants ont été consentis par les pouvoirs ublics en faveur du développement agricole en général et de la conservation des ressources en terres en particulier par différentes actions à l’échelon national, notamment : la stratégie de développement des terres de parcours élaborée en 1995, le plan national d’aménagement des bassins versants finalisé en 1995, le plan directeur de reboisement finalisé en 1997, le programme national d’irrigation, les actions de lutte contre l’érosion et l’ensablement et la stratégie ambitieuse visant la reforestation de près d’un million et demi d’hectares pour l’an 2025.

    Préservation de la biodiversité

    Pour faire face aux dégradations et menaces qui touchent la biodiversité, et honorer les engagements du Maroc dans le cadre de la Convention sur la Diversité Biologique et des autres conventions connexes, plusieurs actions ont été ou sont en cours de réalisation. Il s’agit de :

    • la mise en place du Comité National sur la Biodiversité (1994) ;
    • la réalisation de l’étude sur les aires protégées (1994) ;
    • la réalisation de l'étude nationale sur la biodiversité (1998) ;
    • l’élaboration d’une stratégie nationale et d’un plan d’action national sur la diversité biologique ;
    • la création du Conseil Supérieur pour la sauvegarde et l'exploitation du patrimoine halieutique ;
    • la mise en place de 146 aires protégées sur plus de 660.000 ha.

    Sauvegarde des milieux fragiles (littoral)

    A part l’avant-projet de loi sur l’aménagement et la protection du littoral, en cours d’élaboration actuellement, aucune législation spécifique n’a été mise en place pour sa sauvegarde.

    L’existence de textes relatifs au domaine public (exploitation des carrières, établissements classés, domaine public maritime, pêche maritime, recherche et exploitation des gisements d’hydrocarbures, création des parcs nationaux, morcellements…), est d’un secours très limité en matière de protection du littoral. Pour pallier ce vide juridique, des actions concrètes ont été menées en faveur de la sauvegarde du littoral par la mise en oeuvre du programme d’hygiène et de propreté des plages. Ce dernier est basé sur l’institution du réseau de surveillance de la salubrité du milieu littoral et l’intensification de la lutte contre la pollution marine.

    Gestion des déchets

    Au fur et à mesure que les régions se développent et que les problèmes liés à la pollution s’accentuent, la prise de conscience quant à une bonne gestion des déchets s’instaure également. C’est pourquoi plusieurs projets et études ont été lancés dans le but d’atténuer l’impact des déchets solides sur l’environnement par :

    • la mise en place de décharges contrôlées dans plusieurs localités ;
    • l’enquête pour le diagnostic et la gestion de déchets solides à l’échelle locale ;
    • le guide d’amélioration de la gestion des déchets solides ;
    • l’étude sur les directives nationales pour l’amélioration de la gestion des déchets solides ;
    • le projet de création d’un centre national d’élimination des déchets spéciaux.

    La coopération internationale

    Adhésion aux conventions internationales

    A l'instar d’autres Etats constituant la communauté internationale, le Maroc s’est résolument engagé dans le processus de développement durable. Il a ainsi adhéré à plus de 60 conventions internationales et régionales relatives à l’environnement et a adopté les déclarations issues du Sommet de Rio (1992). Il s’agit notamment de l'Agenda 21 et des conventions-cadres des Nations unies sur la conservation de la diversité biologique, sur la lutte contre la désertification et la sécheresse et sur les changements climatiques. Il est à noter que Marrakech a accueilli, en octobre-novembre 2001, la 7ème session de la Conférence des Parties (COP7).

    Par ailleurs, Le Maroc a signé d'autres conventions internationales traitant de différents volets environnementaux parmi lesquelles :

    • le Traité de Barcelone pour la protection de la Méditerranée contre la pollution marine (1978) ;
    • la Convention de Genève pour la réduction des rejets d'oxyde de soufre et d'azote (1979) ;
    • la Convention de Vienne pour la protection de la couche d'ozone (1985) ;
    • le Protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d'ozone (1987) ;
    • la Convention de Bâle sur les mouvements transfrontaliers des déchets dangereux et leur élimination (1989) ;
    • la Convention de Paris pour l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'emploi des armes chimiques et sur leur destruction (1993).

    Notre pays a été en outre présent au dernier sommet mondial sur le développement durable, tenu en août 2002 à Johannesburg, en Afrique du Sud, où il a été représenté par S.M le Roi Mohamed VI, que Dieu le glorifie. Le Souverain a fait, au nom du Maroc, une déclaration soulignant notamment l’importance de la coopération internationale pour résoudre les problèmes de développement dans les pays africains défavorisés. Notre pays a été également représenté par S.A.R. le Prince Moulay Rachid au 3ème Forum Mondial de l’Eau ayant eu lieu du 16 au 23 mars 2003 à Kyoto (Japon), et s’y est distingué par la remise, pour la première fois, du Grand Prix mondial Hassan II de l’eau.

    Coopération multilatérale

    Sur ce plan, des actions de coopération ont été initiées avec plusieurs organisations internationales. En effet, le Maroc a réalisé en collaboration avec la Banque Mondiale, le Projet de Gestion de l’Environnement. Il a également mis en place, grâce à l’apport du PNUD, l'Observatoire National de l'Environnement, ainsi qu’une stratégie nationale de développement durable auxquels viennent s’ajouter le programme d’appui à la protection de l’environnement et le Plan d’Action National pour l’Environnement. Dans le cadre du PNUE, les Stratégies nationales pour l'élimination des substances menaçant la couche d'ozone et la protection de la biodiversité ont vu le jour. La coopération environnementale avec l’Union Européenne s’est faite, pour sa part, dans le cadre du Programme Life, du Programme méditerranéen d’assistance technique, du Plan d’action pour la Méditerranée, etc.

    Coopération bilatérale

    Grâce à sa politique d’ouverture et d’équilibre, le Maroc a pu tisser et consolider des liens de coopération avec un certain nombre de pays et bénéficier du soutien de nombreuses agences d’aide au développement.

    Parmi les projets de coopération qui ont abouti à des résultats significatifs, peuvent être cités, à titre d’exemples, ceux réalisés avec l'Allemagne pour le renforcement institutionnel, législatif et réglementaire de la gestion de l’environnement, avec les Etats-Unis par l’élaboration du Projet Pérennité des Ressources en Eau au Maroc (PREM), avec le Japon en matière de gestion des déchets solides et avec la France dans les domaines de la formation environnementale et de l'assainissement.

    Malgré les efforts considérables menés tant à l’échelle nationale qu’internationale pour contrecarrer la pollution et atténuer ses effets sur l’environnement, un long chemin reste à parcourir pour amener tous les acteurs à parler un seul langage environnemental. Il faudrait convaincre les principaux pollueurs à travers le monde d’adhérer aux chartes et conventions internationales et d’appliquer le principe « pollueur payeur ». Il faudrait en parallèle encourager le développement et l’utilisation des énergies renouvelables.

    Il serait également nécessaire de sensibiliser davantage les populations des pays en développement à la préservation de l’équilibre écologique, dont dépend leur survie.

    Pour y parvenir, des mécanismes de gestion participative doivent être mis en place pour impliquer les populations en leur permettant de prendre les bonnes décisions.

    L’approche participative et partenariale adoptée par le Maroc pour la reforestation de près d’un million et demi d’hectares en l’an 2025est un exemple à suivre.

     

    Source : La revue de la Gendarmerie Royale, N°2, Juillet 2003


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